Le territoire des Pyrénées-Atlantiques est extrêmement riche et diversifié. Tout le monde est sensible à la variation de ses paysages. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il constitue l’un des 5 à 6 « points chauds » de la biodiversité en Europe avec les Carpates, les Cévennes, les Alpes Maritimes...
Retenons quelques exemples pour s’en convaincre :
· 1000 des 1570 espèces présentes en Europe,
· 114 des 140 espèces de fougères présentes en Europe,
· 2500 des espèces végétales supérieures sur les 4500 présentes en France,
· 24 des 32 espèces de chauves souris présentes en Europe,
· les derniers individus de vison d’Europe,
· 3 ème département de France en variété d'espèces de papillons de jours,
· un taux d’endémicité très fort (Desman, grenouille des Pyrénées, )
· le Bétizu, unn des bovidés sauvage présents en Europe (la Bétizu),
· un strato-type dans le référentiel géologique international (le Biarritzien),
· etc..
Conscient de la valeur de son patrimoine naturel, comme près de 90 départements en France, le Département, au regard de sacompétence, protège des espaces naturels jugés sensibles à l’intérieur desquels vivent des espèces végétales et animales remarquables.
Un dispositif original
Cette politique s'appuie sur la mise en place par la loi du 18 juillet 1985. En effet, le Département bénéficie du produit d’une taxe, la Taxe départementale des espaces naturels sensibles (TDENS), payée lors du dépôt des permis de construire. Cette ressource lui permet d’acheter des terrains, de les équiper et de les ouvrir gratuitement au public. Le budget annuel s’établit à 2.8 M€ en moyenne.
Ainsi, en 2009, le Département participe à la préservation de près de 73 sites répartis sur l’ensemble du territoire soit une surface de 3275 ha (1% des surfaces naturelles départementales). Ces espaces sont les suivants.
Les actions du Département
Le Département peut intervenir soit directement en tant que propriétaire, soit indirectement en tant que facilitateur.
C'est en propriétaire sur des sites tels que les forêts du Pignada et du Lazaret (Anglet) mais aussi les barthes de la Joyeuse (Urt), ou sur une partie de la tourbière de Pédestarrès (Louvie-Juzon). L’acquisition des terrains par le Département permet de soustraire définitivement ces terrains aux aménagements lourds et durables. Ils deviennent ainsi inconstructibles.
Par ailleurs, il travaille aussi en étroite concertation avec le Conservatoire du littoral pour gérer par exemple le site d’Abbadia (Hendaye), préserver la Corniche basque (Urrugne). Il apporte son concours technique et financier aux communes qui souhaitent s’engager dans une démarche de protection de leur patrimoine naturel comme par exemple l’île de la Gleyre (Sauveterre) ou les pelouses sèches de Castetpugon.
Ces espaces naturels sont gérés par des agriculteurs, des forestiers ainsi que par des personnes en insertion sociale qui y réalisent par exemple des travaux de soutrage de la fougère, d’enlèvement d’espèces végétales invasives comme la jussie, de rajeunissement de tourbières ... Le Département peut accompagner ces actions.
Le patrimoine naturel départemental, à préserver et découvrir
Les habitats préservés sont essentiellement des zones humides (42% des sites et 51% des surfaces), souvent des tourbières ou placages tourbeux, des ripisylves, des forêts (15% des sites), des milieux ouverts (22%).
1616 espèces animales sont préservées au sein de ces espaces. Parmi celles-ci, 41% de tous les oiseaux présents en France sont présents sur les sites ENS, 34,6% pour les mammifères, 31.1% pour les amphibiens 34.8% pour les reptiles.
Sur le plan de la valeur biologique intrinsèque, retenons que le quart de ces espèces animales bénéficie d'un statut réglementaire de protection (une loi, une directive, une convention internationale) en raison précisément de leur rareté ou du déclin de leurs effectifs en France, en Europe et dans le monde. Parmi les espèces phare, citons le Gypaète barbu, la cistude d’Europe, le vison d’Europe….
Ces espaces sont aussi des terrains privilégiés pour y réaliser des travaux de recherche scientifique comme le suivi du comportement de certaines chauves-souris la nuit, le piégeage de micro-mammifères, de coléoptères, la récolte de papillons de nuit ...
Ces espaces sont aussi parfois protégés en raison de leur qualité paysagère (notamment le col d’aubisque et le site montagneux de Bious Artigues) ou en raison de leur fonction récréative comme la forêt de Bastard à Pau.
Ces territoires sont ouverts gratuitement au public. Ils peuvent servir à l’organisation de sorties pédagogiques pour les jeunes, les familles et sont parfois aménagés pour accueillir les personnes handicapées. Plusieurs d’entre eux sont très fortement fréquentés (plus de 150 000 personnes/an).